Analyse Spatio-Temporelle de l’Impact des Réformes Structurelles sur la Performance Financière Publique: Une Étude Longitudinale des Directions Provinciales de Douane et Accises de la DGDA en République Démocratique du Congo
Keywords:
Réformes structurelles, Performance financière publique, Économétrie spatiale, Indice de Malmquist (TFPCH), Matrice de poids W.Abstract
Cet article analyse l'impact spatio-temporel des réformes structurelles de numérisation (généralisation du système SYDONIA World) et de gouvernance sur la performance financière de la Direction Générale de Douane et Accises (DGDA) en République Démocratique du Congo (RDC). La démarche adopte une approche quantitative et longitudinale combinant des tests de rupture structurelle (Chow et Zivot-Andrews) sur séries chronologiques et une modélisation en données de panel spatial (modèles SAR, SEM et SDM) sur un échantillon harmonisé de 11 directions provinciales. La variable dépendante s'appuie sur le score d’efficience DEA, enrichi par le calcul de l’indice de Productivité Totale des Facteurs (TFPCH de Malmquist) sur la période 2010–2025. L’analyse temporelle révèle une rupture structurelle positive nette, traduisant le passage permanent d’un régime de sous-performance chronique à une dynamique de surréalisation durable des assignations budgétaires, associée à une réduction de la volatilité des écarts prévision-réalisation. Cependant, l’économétrie spatiale nuance ce constat en validant un dualisme structurel profond de type centre-périphérie. Le modèle d'erreur spatiale (SEM), sélectionné comme optimal (AIC : 394,734 ; BIC : 416,476), affiche un paramètre λ = -0,2247. Couplé à l'analyse de la matrice de connectivité W, il démontre que les performances provinciales fonctionnent comme des vases communicants. Si la moyenne nationale du TFPCH est élevée (0,963) et que les provinces enclavées (Équateur, Kasaï Oriental) amorcent un rattrapage technologique rapide (Gain), les pôles douaniers intermédiaires de l'Est subissent un Recul net de productivité (Nord-Kivu à 0,639 ; Maniema à 0,878). La carte thermique de la matrice W prouve que les facteurs non observés (fracture numérique, instabilité sécuritaire, déficits énergétiques) se transmettent intensément le long des mailles du réseau, atteignant des coefficients d'interaction critiques de 0,500 (Kongo-Central/Kinshasa) à 0,667 (Katanga/Maniema). Pour transformer cette performance polarisée en une efficience partagée, la DGDA doit impérativement rompre l'isolement des provinces de l'arrière-pays par des investissements infrastructurels décentralisés et harmoniser la gestion des capacités humaines
